Votre locataire dérange la copropriété : musique nocturne, conflits récurrents, dégradations communes. Vous êtes parfois mis en cause par les voisins. Que faire ? Voici la marche à suivre 2026.
1 La responsabilité bailleur
L'article 6 de la loi du 6 juillet 1989 impose au bailleur :
Réciproquement, l'article 7 impose au locataire d'user paisiblement des locaux. À défaut, le bailleur peut agir contre lui.
2 Ce que vous risquez en cas d'inaction
- Mise en cause par le syndicat de copropriétaires
- Procédure initiée par le syndicat contre vous (en tant que bailleur)
- Solidarité financière avec les dégâts éventuels
- Réputation dégradée auprès de la copropriété et locataires futurs
3 Les troubles concernés
Troubles "anormaux"
- Bruits récurrents (musique, fêtes nocturnes)
- Dégradations des parties communes
- Encombrement intentionnel des couloirs
- Insultes / menaces envers les voisins
- Activité illégale dans les lieux (sous-location AirBnb, trafic…)
Troubles "normaux" non sanctionnables
- Bruit de conversation normal
- Cuisine, douche
- Pleurs occasionnels d'enfants
- Animaux familiers calmes
4 Procédure d'action
Étape 1 : Recueillir les preuves (J0)
- Témoignages écrits de voisins (avec coordonnées)
- PV de police ou gendarmerie déposés
- Plaintes du syndic ou du conseil syndical
- Constats d'huissier (notamment pour le bruit avec sonomètre)
- Photos des dégradations communes
Sans preuves, vous ne pourrez rien faire de durable.
Étape 2 : LRAR de mise en garde (J+15)
Envoyer une LRAR au locataire :
- Décrivant les faits précis
- Rappelant ses obligations (article 7 loi 89-462)
- Demandant cessation immédiate des troubles
- Menaçant de sanctions (résiliation, dommages-intérêts)
Étape 3 : Mise en demeure formelle (J+45)
Si les troubles continuent :
- LRAR plus ferme, citant les clauses du bail sur la jouissance paisible
- Mention explicite : "À défaut de cessation immédiate, je me réserve le droit d'engager la résiliation du bail pour motif légitime et sérieux."
Étape 4 : Saisir le juge des contentieux (J+75)
Deux options :
#### A) Demander la résiliation du bail
- Sur le fondement de l'article 1224 Code civil (résolution pour inexécution)
- Et de l'article 7 loi 89-462
- Le juge apprécie la gravité et la récurrence des troubles
#### B) Demander des dommages-intérêts au locataire
- Cumulable avec la résiliation
- Le juge peut condamner le locataire à réparer le préjudice subi par le bailleur et la copropriété
Étape 5 : Si résiliation prononcée : expulsion
Procédure classique d'expulsion (voir notre article dédié).
5 La jurisprudence 2025-2026
Cass. 3e civ., 14 mai 2025
Cass. 1re civ., 28 octobre 2025
Inaction = co-responsabilité.
6 Modèle LRAR : mise en demeure
7 Le rôle du syndic et du conseil syndical
- Le syndic peut :
- Vous notifier officiellement les troubles
- Convoquer une AG pour décider d'actions
- Engager une procédure au nom du syndicat
- Le conseil syndical peut alerter le syndic et collecter des plaignants
8 Sanctions ouverte au bailleur
| Action | Délai | Coût |
|---|---|---|
| Mise en garde LRAR | 0 € | Immédiat |
| Mise en demeure LRAR | 0 € | Immédiat |
| Procédure résiliation | 1 200-2 500 € avocat | 6-18 mois |
| Dommages-intérêts | Cumulable | Variable |
9 Cas particulier : sous-location AirBnB illégale
Si le locataire sous-loue son logement (AirBnB en zone tendue interdite) :
- Faute grave caractérisée
- Résiliation possible sans préavis (procédure sommaire)
- Reversement des sous-loyers au bailleur (article 8 loi 89-462)
- Coupures de revenus AirBnb si dénoncé à la mairie
10 Que faire si les troubles persistent malgré tout ?
Saisir le tribunal pour résiliation
Plainte simple auprès du procureur pour faits graves (menaces, dégradations)
Référé pour cessation immédiate si urgence
11 Erreurs courantes
Ignorer les plaintes des voisins
Tenter des menaces verbales sans preuves écrites
Aller directement au tribunal sans LRAR préalable
Couper l'eau ou l'électricité du locataire (interdit, peine pénale)